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Raréfaction des généralistes : refrain sans frontière ?

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Le cadastre réalisé par l’AViQ avec la contribution des cercles de médecins généralistes (MG) indique qu’en 2016, 119 des 262 communes wallonnes souffraient d’une pénurie de MG. Comment la situation évolue-t-elle ? Chez nos voisins français, en tout cas, on estime que, depuis 2010, la profession a perdu 7% de ses effectifs.

En 2016, 45% des communes de Wallonie comptaient moins de 90 médecins généralistes actifs ETP par 100.000 habitants. Huit d’entre elles, avec moins de 50 MG/100.000 habitants, étaient même réputées en « pénurie sévère ».

En dépit de mesures de la Région pour favoriser l’installation de (jeunes) médecins dans les zones moins desservies (les aides « Impulseo ») ou soutenir les travaux d’aménagement de cabinets ruraux (via le fonds européen FEADER), la situation s’aggrave. D’après les derniers chiffres de l’AViQ (janvier 2018) récemment cités par la ministre Greoli, ce sont à présent 144 communes (55%), et non plus 119, qui sont concernées.

Les mécanismes à l’œuvre sont multiples et s’entremêlent. Les effectifs de MG vieillissent, et le renouvellement générationnel peine à compenser les départs à la retraite. Les femmes médecins, désormais majoritaires, n’exercent pas forcément à temps plein. De toute façon, la jeune génération - des deux sexes - fixe des limites à son activité. La campagne attire moins, les candidats à l’installation se méfient des zones à faible densité de confrères : elles sont synonymes de fréquence accrue des gardes… Un cercle vicieux, donc.

La Belgique n’est pas la seule à vivre cette situation. Chaque année, l’Ordre français des médecins publie un « atlas de la démographie médicale ». Le dernier en date, tout récent, épingle pour 2018 un repli de 0,4% parmi les généralistes par rapport à 2017, tandis que le fossé entre les départements bien et mal lotis se creuse. Sur la même période, les effectifs ont en revanche continué à progresser chez les spécialistes (+0,4%,) et les chirurgiens (+0,8%).

La baisse du nombre de MG atteint 7,3% par rapport à 2010 et l’Ordre prédit que la France en perdra encore une même proportion d'ici 2025. Nos voisins comptent supprimer le numerus clausus dans les études de médecine à partir de 2020.