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La discrimination positive, solution pour attirer davantage de filles vers les études STEM

08-11-2018

Ces dernières semaines, plusieurs initiatives ont vu le jour en Belgique francophone afin de sensibiliser davantage les filles et jeunes femmes aux opportunités d'une carrière - ou tout simplement d'une passion - pour le numérique, l'informatique, la programmation voire les sciences. Les slogans et messages passe-partout n'ayant guère eu d'effets jusqu'ici, l'idée qu'appliquent différents acteurs du monde de la formation est de créer des événements ou des formations "girls only".

L'Ecole 19 d'Uccle a ainsi lancé son initiative "She Loves To Code". Premier objectif : amener davantage de filles et jeunes femmes à s'inscrire. Jusqu'ici, en effet, le taux de jeunes femmes (18-30 ans) inscrites à l'Ecole 19, ne dépasse pas les 5% de tous les apprenants. Autre espoir : inciter d'autres organismes, réseaux, écoles de codage à lancer des initiatives semblables à destination des femmes.
Un petit peloton d'ambassadrices sera chargé d'essaimer la bonne parole. Premières en lice : Dominique Leroy, directrice générale de Proximus ; Claudia Lomma, directrice générale des magazines Elle et Marie-Claire Belgique ; Caroline Mancel, directrice générale adjointe d'Actiris ; Sandrine Boggesso, directrice générale de la télévision chez RTL Belgique ; Gwenda Frocrain, directrice pédagogique et technique de l'Ecole 19 ; Alexandra Van Hille, directrice Technology chez Deloitte ; Sihame El Kaouakibi, fondatrice de Let'Go Urban et de Wannawork. Profil de ces ambassadrices : "il ne doit pas nécessairement s'agir de purs profils IT ou digital", affirme Emilie Peeters, responsable communication et événements à l'Ecole 19. "Nous cherchons des femmes influentes, en matière de technologies ou non, ayant un réseau. Des Youtubeuses ou des influenceuses sont des candidates parfaitement possibles. Ce que nous attendons d'elles, c'est surtout qu'elles activent leur réseau, touchent un maximum de monde, parlent de l'initiative et des opportunités du numérique autour d'elles..."

Sessions exclusivement féminines
Même démarque du côté de l'école de codage Wild Code School : à l'occasion de l'ouverture de son antenne bruxelloise, elle a proposé un parcours gratuit (5 mois de formation) à quelques femmes. L'action, baptisée "Elles Codent", a ainsi permis de sélectionner 7 femmes pour la première session bruxelloise, à nombre égal avec les participants masculins. 

Discriminer pour mieux équilibrer ensuite
Mais pourquoi créer une sorte de ségrégation, de "discrimination positive" ?
"Nous nous sommes rendu compte que c'étant sans doute là un bon moyen de rassurer les femmes face au défi de la formation au développement", explique Emilie Peeters. "L'imaginaire collectif reste très puissant. Sans présence masculine, sauter le pas sera sans doute plus facile." Même raisonnement et discours dans la bouche de Vélrie Gillon, community lead CoderDojo pour la Wallonie, qui organisait son premier atelier de sensibilisation "girls only" en octobre dernier à Liège. "Découvrir d'abord la programmation entre filles les met plus à l'aise, les conscientise mieux à leurs potentiels."

En 2017, Microsoft avait mené une étude à l'échelle européenne auprès de 11.500 filles et jeunes femmes afin de mesurer leur degré d'intérêt pour les STEM (sciences, technologies, ingénierie, maths). Parmi les conclusions tirées, le constat que l'intérêt féminin pour les STEM commencent à s'étioler à partir de l'âge de 15 ans. En cause notamment le manque de "role models" et d'expérience pratico-pratique et, pour 60% des personnes interrogées, l'affirmation selon laquelle elles seraient plus enclines à faire carrière dans un domaine lié aux STEM si on pouvait leur garantir une égalité d'emploi hommes-femmes dans ces professions.

 

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