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Des défis majeurs attendent le secteur de la maintenance

Maintenance 2017 offre des réponses grâce à sa plateforme interactive

 

Selon cinq acteurs majeurs du secteur de la maintenance, le salon Maintenance répond exactement aux attentes des visiteurs et des exposants. Il s’agit en effet d’une plateforme interactive qui les informe, qui sert de point de contact pour nouer des partenariats et où les intervenants peuvent partager leur savoir. Il est clairement apparu que ce salon a encore toute sa raison d’être lors de la table ronde qu’Easyfairs a organisée en prévision de Maintenance. « La maintenance est un outil crucial pour réagir aux défis qui attendent l’industrie belge », affirment en chœur tous les interlocuteurs.

 

Il n’est pas étonnant que l’Industrie 4.0 et l’Internet des Objets soient les premiers termes à être mentionnés lorsque nous interrogeons les participants de la table ronde sur les dernières tendances de la maintenance. Martin Smit, Business Development Manager de Rimses (le logiciel de maintenance de Real Dolmen) : « On parle énormément de ce concept actuellement. Hélas, on est encore loin de le mettre en pratique. En effet, il ne suffit pas d’investir dans les nouvelles technologies et les outils. Il faut aussi impliquer ses collaborateurs. Cela signifie qu’ils doivent comprendre quelle est la valeur ajoutée de cette évolution, quels sont les changements qui les attendent et quelles en seront les conséquences. Pour la maintenance, je vois déjà un impact de taille de l’Industrie 4.0 : la maintenance sera de plus en plus proposée comme un service. Ce n’est pas complètement neuf : des contrats de maintenance sont conclus avec les fournisseurs des machines depuis un certain temps déjà. De même, les entrepreneurs du secteur de la construction se chargent de plus en plus du service après-vente, c’est-à-dire, de la maintenance. En revanche, ce qui a changé, c’est que ce service pèse plus lourd sur le processus décisionnel du donneur d’ordre. Cela jette un pont vers l’Internet des Objets : pour pouvoir travailler de façon rentable, il faut rassembler et gérer davantage de données qualitatives. »

 

Du service à garanties

Conformément à cette tendance, les contrats de maintenance classiques deviennent plutôt des contrats de prestation dans lesquels le fournisseur (de service) doit offrir les garanties nécessaires. Wim De Vrieze d’Actemium explique : « Dans le cadre de l’Industrie 4.0, l’exploitation d’une usine est considérée comme une charge fixe. Le management veut pouvoir calculer les frais annuels exacts qu’elle occasionne. Il attribue alors un prix fixe à tous les postes, en ce compris celui de la maintenance. Hélas, la maintenance n’est pas une science exacte et il est donc difficile d’en faire un poste de frais fixes. À moins que l’entretien ne soit externalisé en tout ou en partie et il convient alors de payer une somme mensuelle fixe. Il est logique que les managers demandent des garanties strictes de la part des fournisseurs (de service) : x interventions par an, problème résolu endéans x heure(s). L’époque des contrats vagues et de la facturation à l’heure est définitivement révolue. »

 

Des garanties à tous les niveaux

Toutefois, la popularité grandissante des contrats de prestation n’est pas seulement liée à une question de budget. Ainsi, Gerald Hofs, Manager Marketing & Communication de Brand Energy & Infrastructure Services, affirme que les exigences et garanties des cahiers des charges deviennent de plus en plus strictes. « Il ne suffit plus de signaler que vous disposez des certificats nécessaires. Vous devez également pouvoir prouver quelles procédures vous utilisez et montrer que vous veillez continuellement à votre politique de sécurité. » Martin Smit attire notre attention sur le volet juridique de cette évolution : « Nous sommes en train de rattraper les États-Unis : dès qu’une erreur se produit, vous devez pouvoir prouver de toutes les façons possibles que ce n’est pas de votre faute. Les garanties jouent donc un rôle important. On peut d’ailleurs à nouveau établir un lien avec le Big Data. En effet, le fait de rassembler, gérer, interpréter et utiliser ces données va devenir de plus en plus crucial. »


Le succès grandissant du rétrofitage

Le rétrofitage des machines peut sembler quelque peu contradictoire par rapport à tous les gadgets technologiques liés à l’Industrie 4.0, mais la demande se fait de plus en plus importante. « Il s’agit souvent de machines jouant un rôle crucial pour le processus de production. Leur remplacement requiert non seulement un investissement important, mais il peut aussi avoir un impact majeur sur le fonctionnement de l’usine », explique Wim De Vrieze. « D’un point de vue mécanique, les anciennes installations présentent rarement un problème, mais la technique de commande est quant à elle complètement désuète. C’est pour cette raison qu’elles ne peuvent pas faire face aux défis de production de demain. Prenez l’exemple de la personnalisation des produits, de la réduction des déchets et des émissions, des délais de mise sur le marché plus rapides. Il n’est pas non plus possible de les connecter à d’autres systèmes comme un MES, un ERP ou un Business Intelligence et, dans de très nombreux cas, elles ne répondent pas aux normes de sécurité, ce qui se révèle problématique. De plus, il est de plus en plus difficile de trouver des pièces de rechange à un prix abordable et il n’est parfois plus possible de recourir aux services du FEO (fabricant d’équipement d’origine). Le marché reste donc ouvert aux entreprises qui souhaitent se consacrer au rétrofitage : c’est donc à nouveau de la maintenance sous forme de service. »

 

Décharger les entreprises de certains soucis

Kenny Viskens, Are Sales Manager de REM-B voit un avenir brillant pour les entreprises de service se spécialisant dans un seul domaine. « Actuellement, il n’existe aucune formation spécifique en hydraulique, alors qu’on retrouve des installations hydrauliques dans presque toutes les usines. En outre, il n’est plus si évident de former les travailleurs sur le tas à cause de cette course à la rentabilité. Les départements de maintenance veulent donc se décharger du volet hydraulique et concluent des contrats avec des entreprises telles que REM-B. Il va de soi que chaque euro compte à l’heure actuelle, mais le coût final d’un tel service n’est pas nécessairement bien plus important que lorsque celui-ci est effectué par du personnel propre à l’entreprise. Nous gardons par exemple un large éventail de pièces de rechange en stock. Le client ne doit donc plus investir dans ce domaine. Nous pouvons aussi rapidement détecter et réparer les causes d’une panne grâce à notre savoir-faire. Résultat ? Moins de maintenance et par conséquent, une production qui reste à l’arrêt moins longtemps. »


Le secteur doit se réinventer

Pour l’entreprise ARG EMEA, il est important de pouvoir décharger les entreprises de ces soucis. Bart De Moor, Marketing & Sales Representative souligne les changements importants qui vont se présenter pour les entreprises de service. « L’externalisation de la maintenance à des tiers spécialisés dans ce domaine par le biais de contrats de prestation jouera sans aucun doute à l’avantage du client. D’un autre côté, les entreprises de service doivent bien entendu rester en bonne santé. C’est pourquoi elles vont faire tout ce qu’elles peuvent pour réaliser un minimum d’interventions, notamment en recourant à la maintenance conditionnelle et à la maintenance préventive. De nombreuses entreprises de service devront se réinventer pour rester rentables. Heureusement, la technologie avancée ouvre de très nombreuses portes. Je m’attends moi-même à l’émergence des solutions à distance. Aujourd’hui, ARG EMEA compte encore une centaine d’employés mais, qui sait, peut-être que d’ici quelques années, une poignée de collaborateurs pourront tout contrôler à distance. Enfin, je voudrais encore signaler que c’est une très bonne chose que les entreprises européennes sautent le pas de l’Industrie 4.0. Néanmoins, il faut tenir compte du fait que ce n’est pas la panacée pour maintenir leur position concurrentielle. Dès qu’une usine est construite selon les principes de l’Industrie 4.0 dans un pays à faible coût de main-d’œuvre, ce dernier aura une longueur d’avance sur nous. »

 

Joindre les forces

Tous les participants à la table ronde s’accordent à dire que Maintenance 2017 est la plateforme idéale pour montrer au monde de la maintenance quels sont les défis qui attendent le secteur et quelles sont les solutions qui permettent de les relever. Real Dolmen profitera de ce salon pour montrer sa vision de la maintenance en tant que service. Martin Smit : « Certaines entreprises ont les moyens matériels et humains pour passer à l’Industrie 4.0 et effectuer l’entretien y afférent, mais c’est moins évident pour les plus petites usines. Souvent, il leur reste peu de temps après les tâches quotidiennes. C’est pour cette raison que nous voulons créer des communautés. Celles-ci pourraient par exemple acheter des pièces ensemble, échanger des techniciens spécialisés en maintenance et partager leur savoir. D’ailleurs, ce concept n’est pas seulement intéressant pour les plus petites entreprises. En effet, les défis qui nous attendent nous concernent tous. C’est pour cette raison que nous développons des outils conviviaux qui pourront aussi être utilisés à partir de tablettes ou de smartphones. Nous les présenterons pendant Maintenance 2017. »

 

Offrir une valeur ajoutée

Actemium mise aussi sur le service à valeur ajoutée. « Nous proposons des accords de service accessibles à tous en complément de l’équipe de maintenance de nos clients », ajoute Wim De Vrieze. « Les entreprises peuvent faire appel à nous pour se décharger complètement de certaines tâches, en ce compris, la maintenance corrective, préventive et prédictive, la formation, le coaching, le monitoring. Nous voulons montrer aux visiteurs de Maintenance 2017 comment nous nous y prenons et mettre ainsi l’accent sur nos solutions à distance. En effet, ce sont justement ces solutions qui permettent de jeter un pont vers l’Industrie 4.0. Nous rassemblons une quantité importante de données que nous gérons pour le client avant de les analyser et de les utiliser pour la maintenance préventive. Par ailleurs, nous allons évidemment aussi faire la démonstration de notre produit qui anticipe les tâches de maintenance sur la base de mesures et d’historiques. À notre stand, les FEO pourront découvrir un nouveau service recourant à l’Internet des Objets pour l’ensemble de leurs installations, dans le monde entier. L’objectif est d’appliquer une analyse comparative, de chercher des corrélations et de réaliser des analyses de sorte que les producteurs de machines obtiennent des informations qui leur permettront d’optimiser le design de leurs installations et d’offrir des services complémentaires à leurs clients finaux. »